On nous veut avec les stigmates des grandes écoles, je le veux avec les stigmates de la vie. Savoir s'il est agrégé en soleil. S'il a ses grades en désespoir. Peut-être a-t-il le génie de la jalousie ? Tant mieux. Et un talent personnel dans les rages. Bravo. Un spécialiste du mépris olympien ? Parfait. Je vais connaître tout le vivarium des couleuvres qu'il avale en secret. S'il a fait l'amour, l'ivresse, la joie, le vertige et l'orgueil comme on fait Cambridge, Eton, Yale, Coïmbre et la Sorbonne, c'est mon homme. Je ne le veux pas hérissé de triangles et de tétraèdres combinés, je le veux boursouflé comme Marguerite la folle de Breughel.
Jean Giono